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Chapitre 2 : Abandon et nouvelles croyances... Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
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MessageSujet: Chapitre 2 : Abandon et nouvelles croyances... 6/6/2009, 15:50

Chapitre 2 : Abandon et nouvelles croyances...



Note de l'auteur : Résumé des derniers événements

Aprés avoir rejoint les Wersats, Salaha eu l'immense privilège d'être courtisé par leur puissant chef et succomba à son charme. Quelques déclarations, moments de doutes et autres tumultes propres à deux amants s'en suivirent, puis le mariage fut envisager. n amoureux transi vint s'en mêler et fut éconduit par la drow. Il trouva par la suite la mort dans la seconde guerre qui ravagea l'Orclandish.
La scène prend place le soir du dit mariage, au soir du 25 Mai de cette triste année.



Comme à leur habitude, les serviteurs s’afféraient à leurs tâches plus ou moins avilissantes, avec application et silence. Tous détestaient ce statut de serf, bien entendu, toutefois aucun n’aurait voulu s’attirer le courroux de la drow. Même en ce jour de fête, on ne pouvait être sûr de son humeur, nul ne l’ignorait.

Le soleil était depuis longtemps couché et, en cette nuit sans lune, nulle lueur ne venait briser la noirceur du ciel. Les nuages s’amoncelaient depuis la fin d’après-midi. L’agitation des animaux du châteaux tendait à approuver l’orage annoncé. Certains soufflaient les dernières bougies, d’autres remontaient déjà leur épaisses couvertures sur leurs corps meurtris, quand un cavalier au grand galop se fit connaître à l’horizon.

Impossible par se temps de voir son visage, une certitude cependant, il était déterminé. La monture, semblant fuir la mort en personne, se démenait vers la grande porte. Saisis d’un doute, les gardent firent lever la grille, tourner les pans de bois.

Le cheval se rua d’un bond dans la court, stoppa net se cabrant sur les membres postérieurs alors que le premier éclair venait frapper un arbre à deux pas de là. L’intense lueur éclaira un instant le sombre visage, déformé par la rage, rongé par la tristesse.

Le frêle intendant s’appliquait à son ouvrage, retraçant pour la cinquième fois le solde des taxes du mois. Seul à son vieux bureau, dans l’immense bibliothèque, il tournait ses pensées vers sa maîtresse. Dix heures sonnèrent à la grande pendule.


"Sa glaciale splendeur doit être mariée maintenant.
Bientôt nous aurons deux maîtres à servir."


Il referma l’épais livre, tout d’or relié, le posa délicatement sur l’étagère appropriée. Faisant quelques pas dans la pièce sans vie, il pinça une bougie. La flamme expirant, un curieux frisson le parcourut.

"Doit-on tirer les rideaux ou les laisser ouverts ?
Quelle sera l’humeur de sa cruelle magnificence ?
Quels sont les goûts du barbare ?
A quelle heure rentreront-ils ?"


Devant toutes ces questions existentielles, le frêle elfe des bois décharné demeura indécis. Soucieux, il approcha de la fenêtre, plongea son regard au dehors. Un bond trahit sa stupéfaction devant la vision d’horreur qui s’offrait à ses yeux ensanglanté.



Au dehors le chaos régnait. D'aucuns se couvraient le visage de leur bras dans un geste futile de protection, d'autres courraient en tous sens, d'autres encore s'abandonnaient à leur triste sort. Au milieu de cette cohue morbide, une seule responsable. Telle l'apocalypse sur les mondes, la drow abattait sa hache sur tous ce qui portait un semblant de vie en lui. Nul n'était épargné, victimes de son intense colère, gardes et marauds, tous ceux qui se trouvaient dans la court en cet instant furent massacrés, littéralement découpés. Sa hargne n'avait d'égal que son ego bafoué.


Seule au milieu des cadavres, cranes fendus, membres esseulés, dans un bain de sang digne des plus beaux pillages, la maîtresse des lieux tomba à genoux. Effondrée par la tristesse qui était sienne, elle se sentait plus vide que jamais. Perdue, elle venait de voir s'effondrer l'avenir qu'elle envisageait à peine.

L'intendant laissa échapper un *Glurp*. Il ne quittait plus sa maîtresse des yeux, bien à l'abri derrière les vitraux, plusieurs mètres au dessus d'elle. La tempête était-elle seulement passée ? Il devinait à demi-mot ce qui l'avait mise dans cet état et ce n'était pour lui plaire. Il envisageait de la rejoindre mais ne parvenait à s'y résoudre. Sa mort n'arrangerait rien à la situation. Malgré le peu d'estime qu'elle lui portait, il adorait sa maîtresse par dessus tout. Il ne vivait que pour elle et ne pouvait se résigner à disparaître en la sachant ainsi.

Il devait l'aider d'abord, il devait la sauver, fusse d'elle même, et ensuite qu'importe si sa propre vie s'éteignait. La question demeurait comment... Il connaissait son passé, même si elle en parlait peu. La mort lui avait pris son premier amour, puis celui qui l'avait aimé sans rien recevoir en retour... Était-ce encore la grande dame à la faux qui s'acharnait ou son plus grand serviteur ?

Il se résigna à descendre. Tout le long du sombre escalier il cherchait une solution, plongé dans des songes plus sombres encore. Il traversa les longs couloirs dans le noir total, sentant l'air lourd peser sur ses fébriles épaules. Le pas troublé mais déterminé, il sortit finalement.

Enjambant les corps démembrés, il s'avança en silence. Arrivé à sa hauteur, il tendit le bras puis se ravisa. Il n'osait la toucher, il ne le pouvait. Il n'était rien devant sa grandeur. Il déglutit une fois de plus et se risqua.


"Nous nous réjouissons tous du retour de sa Sanguine Cruauté.
Dois-je faire nettoyer la cour, ou appeler d'autres serviteurs ?"


La hache de la drow reposait devant elle, lâchée dans un dernier effort. Accablée par la souffrance qui était sienne, elle ne se sentait plus la force du moindre mouvement. Elle ne savait comment recevoir la stupidité de son plus fidèle esclave, elle n'avait guère envie de s'y attarder. Nul désir n'habitait plus son corps d'ailleurs. Nul plaisir non plus. Même ce carnage n'éveillait en elle que désolation dans le néant de son existence.

Il restait planter là comme un petit soldat de plomb, comme un chien attendant l'ordre de son maître. Les autres, cachés derrière les meurtrières, les fenêtres des hautes tours, regardaient sans oser se montrer. Elle pouvait sentir les regards effrayés, incrédules, nul ne dormait plus. La peur se répandait dans tout le palais.

Elle puisa au fond d'elle la force de s'exprimer, après tout d'aucuns disaient que parler pouvait aider.


"Zippo...
Créature tant fragile que stupide, inutile et offensante erreur de la nature...
Pourquoi faut-il que tu sois si...
Les mots me manquent pour décrire telle soumission... et l'ironie de ton sort..."


Prononcer quelques insultes l'avait toujours distrait et apportait même bien du plaisir. Cette fois, cependant, elle les vomit plus qu'elle ne les chercha. Même cela ne lui plaisait plus. Elle leva la tête et fixa son intendant. Elle ne lut dans ses yeux qu'admiration et dévouement.

"Il n'est pas venu le rustre.
Il a tout simplement disparu..."


Son attention revenait enfin au véritable sujet de sa colère. Au fond d'elle, elle voulait comprendre. Peut-être l'écoute attentive du frêle elfe des bois décharné pourrait l'y aider ...

Elle se releva, hurla aux gardes qui se planquaient sur les remparts de fermer les portes et ne laisser entrer personne. Ceux si s'exécutèrent, bien décidés à ne pas s'attirer les foudres de leur chef. Elle prit le chemin de la bibliothèque, lieu de toutes ses réflexions, l'intendant lui emboîtant le pas.


Dernière édition par Salaha le 8/6/2009, 16:22, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Chapitre 2 : Abandon et nouvelles croyances... 6/6/2009, 15:53

Curieux spectacle que cette drow et cet elfe décharné, en cet instant aussi faibles, l'une par l'esprit l'autre par le corps, qui pénétrèrent dans la grande bibliothèque. Juste deux bougies reposant sur le crane de quelques malchanceux apportaient encore un peu de lumière à la pièce. Leur reflet dansait sur les vieux ouvrages comme la maigre étincelle d'une vie qui s'éteint. En cela le lieu était le reflet du coeur de la drow. Dans sa poitrine, il n'avait jamais battu aussi fort qu'en cet instant. Empli d'un mélange de déception et d'inquiétude, de colère et de tristesse, il n'avait de cesse de se faire entendre.

Elle l'entendait résonner dans tout son être dans un tam-tam incessant, tantôt vif tantôt lent. Cela lui était insupportable et elle aurait tout donné en cette seconde pour le faire taire. Comment un organe si encombrant pouvait être si utile ? Elle aurait préféré qu'on le lui arrache, au lieu de le briser une fois de plus. S'il y a des blessures dont on se remet difficilement, certaines plaies ne se referment jamais.

Au milieu de la pièce, elle s'arrêta, leva les yeux au ciel, et murmura.


"Quelque lettre serait-elle parvenue en mon absence ?

Non votre Hargneuse Tristesse.

Quelque nouvelle ?

Aucune, je le crains.

Pourquoi..."


Ce dernier mot s'échappa de ses lèvres malgré elle et se perdit dans la pièce en un écho désespéré. Elle s'approcha des fenêtres et l'intendant dans un sursaut esquissa un geste pour la retenir, mais une fois encore n'osa aller au bout de son idée. Il connaissait que trop bien la vue qui s'offrirait à elle, et redoutait l'effet que cela aurait.

Au loin, les tentes du campement militaire se fondaient maintenant dans le paysage. Ces mêmes toiles qui lui avaient apporté réconfort et espoir quelques jours plus tôt la renvoyaient maintenant à son plus grand chagrin. Le camp semblait toujours habité, toutefois il y régnait pire pagaille que jamais. Elle se retourna vers l'elfe, une larme sur la joue, une brève lueur d'espoir dans le regard.


"Qu'on envoie messager questionner ses troupes...
Si un seul être en ces terres sait de quoi il retourne...
Je dois le savoir aussi.

Il sera fait selon vos désirs."


Il alla à la porte transmettre les ordres, plus désespéré que jamais pour sa part. Dans l'état où se trouvait sa maîtresse, mettre la main sur le rustre ne changerait rien. D'ailleurs il se demandait ce qui serait le pire... qu'il ait bel et bien disparu ou simplement oublié.

La drow resta ainsi à regarder le ciel. Les nuages comme un miroir lui dévoilaient les ténèbres de son âme, la foudre s'abattant ci et là, la colère qui brûlait encore en elle. L'elfe comptait les secondes, non sans anxiété, se tenant légèrement en retrait derrière elle.

Onze heure sonna comme la porte s'ouvrait.

L'intendant regarda le messager qui, tremblant de tout son corps, obliquait un non de la tête. Toutefois, cette dernière ne roula pas sur le sol. Salaha, sans se retourner, se contenta de demander.


"Qu'ont-ils dit ?

*glurp*
De ce que j'ai compris..
.. euh...

Parle maintenant ou tais toi à jamais !

*glurp*
Il a disparu...

...

Mais j'ai une lettre pour vous..."


Il tendit la lettre à bout de bras. La drow ne bougea point. Les deux serviteurs se regardèrent étonnés, puis l'intendant se décida et apporta le message à sa destinataire. Elle inspira, comme pour se donner du courage et le lut.

Les larmes coulèrent une dernière fois sur ses joues. Elle était trahie, bafouée, abandonnée, humiliée, mais surtout... terriblement malheureuse. Le message n'apportait pas vraiment de réponse, juste des excuses et... un adieu. Son bras tomba le long de son corps, abandonné de toute force, le parchemin glissa de ses doigts et vint se posait sur le sol telle la dernière plume arrachée à un corbeau.

Elle pleura ainsi de toute les larmes qui restaient en ses yeux habituellement si vides. Et le silence de mort envahit la pièce tel le désespoir. Plus de lumière à l'horizon, juste les ténèbres...

La foudre s'abattit soudain sur le temple de Nerull qui s'enflamma en un brasier ardent. L'elfe accourut à la fenêtre et regarda le précieux ouvrage partir en cendre. Stupéfait, il ne savait plus que dire. Sa maîtresse ne bougeait toujours pas, elle était comme morte. Une drow pouvait-elle mourir de chagrin ? Il fallait la ramener à la réalité. Une fois encore il s'étonna de son propre courage.


"Je vais ordonner qu'on se prépare à reconstruire.
S'il faut travailler sous l'orage, vos serviteurs s'y emploieront.
Demain le tem...

Qu'il reste en cendre !
Que celui qu'il honore soit maudit !
Entité inutile,
Vieillard faiblard qui n'a jamais eu de divinité que le nom !

Ner...

Qu'on ne prononce plus ce nom !
Qu'on ne m'inflige plus celui de son serviteur !
Qu'il disparaisse !"


L'elfe ravala sa salive alors que le messager disparaissait derrière la porte.

"Me voilà bien avancé", pensa-t-il, "... et maintenant ?"

La drow parcourait des yeux son domaine, sa route vers l'Ouest, ses plans de conquête. Elle voyait le petit empire florissant qu'elle avait bâti à la lame de sa hache, à la pointe de sa dague. Cela avait-il vraiment une quelconque importance ?

Elle s'approcha de ses précieux ouvrages et parcourut sa célèbre et très utile collection de "Milles et une manière de...", elle se saisit du 99 ème volume. Et alla s'asseoir sur son fauteuil.

L'elfe vint se placer debout à ses cotés, comme il le faisait toujours et lu avec effroi le titre de l'ouvrage. Les derniers mots en particulier se répétaient en boucle dans son petit crane.


"... d'achever sa misérable existence", murmura-t-il finalement.

Et de lire la description "Pour créatures démoniaques dépressives".




Quelques larmes perlant encore sur sa joue, la drow commençait à retrouver le calme froid qui la caractérisait tant. Les douze coups de minuit sonnant, elle ouvrit le bouquin au sommaire.

* Prologue
* Choisir le bon lieu
* Choisir le bon moment
* Importance de la mise en scène
* Méthodes
...

L'ouvrage ne manquait pas de détails et conseils utiles comme toujours. Certes méticuleuses de nature, elle préféra cependant en venir à l'essentiel. Son cœur, bien que moins douloureux, ne lui laissait nul répit. Elle voulait régler la besogne au plus vite, sans pour autant négliger la manière.


"Quitte à choisir sa mort, autant faire cela bien...", murmura-t-elle en se rendant au chapitre sur la pendaison.

Méthode classique, simpliste même, mais bien souvent efficace, ce fut tout naturellement sa première idée. Elle en lut la description, alors que son intendant, sidéré, restait bouche ouverte à l'observer. Il n'avait jamais paru plus stupide qu'en cet instant et nombreux sont ceux qui auraient ri de bon cœur en le voyant ainsi. Trop occupée à sa lecture, la drow, elle, n'y prêta pas la moindre attention.

La pendaison est le fait de suspendre une personne, au moyen généralement d'une corde, mais aussi parfois de chaînes...
...
Elle entraîne une rupture du cou ou une suffocation, une impossibilité de respirer et enfin la mort.
...
...une mort rapide, facile (il suffit d'avoir une corde et un poteau ou un arbre) et...


"Intéressant..."

...sans aucune effusion de sang.

Elle relut la dernière ligne plusieurs fois. Dans quel état de léthargie elle pouvait bien être pour avoir oublié ce détail. Une mort sans aucune effusion de sang... quel intérêt ?

Elle referma le livre et se leva pour arpenter la pièce l'air perplexe. Elle s'approcha de la table et se servit un verre de sang de sorcière plus très frais. Elle recracha la moitié, maudissant ses serviteurs et... son stupide cœur qui ne se décidait à la laisser en paix.

Voilà le moment que choisit l'intendant pour réagir et apporter à sa maîtresse les "Milles et unes manières de torturer un maraud" pour lui changer les idées. Moment fort mal choisi. Elle se retourna soudainement envoyant valser l'ouvrage à l'autre bout de la pièce et vociférant.


"Qu'on me l'arrache !
Qu'on le donne à béqueter aux corbeaux... qu'il ressente le tiers de la souffrance qu'il m'impose..."


L'elfe hésita à lui rappeler qu'elle parlait là de son propre organe mais se ravisa. Elle fit plusieurs fois le tour de la pièce, sans réel but, et se laissa à nouveau tomber sur le fauteuil. L'intendant, lui, parcourait les étagères à la recherche d'un sujet capable de sortir sa maîtresse de sa stupide recherche.

Elle entama un autre chapitre, plus sanguinolent, détaillant l'ouverture d'une veine. Puis trouvant cela trop banal, elle se mit à feuilleter l'ouvrage et tomba par hasard sur les suicides de légende...

Certains ne manquaient nullement d'imagination pour mettre en scène leur dernier rôle en ce bas monde. La tragédie employait nombres créatures diverses des plus petits insectes au puissant dragon. Une histoire cependant attira l'attention de la drow.

Il était conté ici la fin d'une Reine d'une contrée lointaine qui fit appel à un cobra pour prier Atropos de couper son fil. Le noble animal exauça le vœux sans se faire prier d'une morsure mortelle. Voilà bien une mort spectaculaire qui resterait dans la mémoire de beaucoup, une fin tragique avec un brin de romanesque, un soupçon de poésie, trois grains de fantasy. Elle y pensa sérieusement, songeant aux nombreux cobras qui se cachaient en ses terres.


"Ce ne serait que stupide imitation...", murmura-t-elle finalement.

L'elfe lui tendait maintenant un exemplaire abîmé par une utilisation répétée des "Milles et une manières de découper un elfe", qu'elle envoya également frôler les lustres d'un revers de main.


"Apportes moi plutôt du sang de Sidh frais.

Vos désirs sont des ordres, votre Triste Splendeur."


Il s'éloigna et revient bientôt avec un petit crane de fée remplie du dit breuvage. Elle s'en saisit en se perdant dans le chapitre des poisons. Certaines morts s'avéraient atroces, toutefois elle ne trouva rien d'assez grandiose à son goût. Le manque d'effusion de sang la laissait perplexe, elle voulait mourir comme elle avait vécu.

Soudain elle se rappela du croc de loup qu'elle avait légué à son prétendant. Sa signification lui revint aussi en mémoire. Le seul massacre que son époux humain avait commis, le seul faux pas de sa vie d'elfe. A l'époque tout deux respectaient les bois et les créatures qui y vivaient. Toutefois, une nuit, il dut achever cette bête pour sauver sa bien aimée. Un passé lointain, un souvenir étrange, la douleur de voir cette bête pousser son dernier cri de douleur raisonna en elle, en écho de son cœur meurtri. Donner la revanche à mère nature pour ce sacrifice lui vint alors comme une évidence.

Elle réfléchit encore un instant, vidant son verre. Puis se tourna, le regard décidé, vers son intendant.


"Qu'on trouve deux loups affamés, qu'on les lâche dans le labyrinthe et qu'on en verrouille toutes les entrées.

Une chasse aux loups, voilà qui devrait divertir votre Machiavélique Grandeur.
Je m'y emploie sur le champ.

Les loups seront cette fois les prédateurs et je serais la proie.
Que nul n'intervienne, quel qu'en soit le prétexte."


Le frêle elfe fut d'abord pétrifié par le choc. Puis laissant aller ses larmes, il s'exécuta, le regard plein d'une immense tristesse, mais résigné à obéir, ce dusse être la dernière fois. Il sortit et fit préparer, tel que demandé, le piège grotesque. Il revint ensuite la prévenir et la drow, vêtue d'une simple tunique, sans armes, se dirigea vers la grille derrière laquelle se jouerait bientôt le dernier acte.


Dernière édition par Salaha le 14/6/2009, 23:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Chapitre 2 : Abandon et nouvelles croyances... 6/6/2009, 15:54

La drow poussa la lourde grille et s'avança entre les haies épineuses. L'orage avait cessé et les nuages commençaient de se dissiper laissant apparaître quelques pales étoiles. Au loin un carillon sonnait un coup. Le fer claqua derrière elle, la clef tourna dans le vieux verrous. Elle s'avança, respirant calmement. Son choix était fait, elle gagnerait bientôt sa tranquillité. Au fond de son esprit les dernières brides de son passé lui revenait. Nul instant de joie ne perçait cependant les ténèbres des souvenirs. Seul la souffrance lui revenait en peine.

Un grognement se fit entendre. Juste derrière le mur de ronces, les deux bêtes reniflaient, cherchant de la viande fraîche à se mettre sous le croc. Cette chaire appétissante était la sienne, elle en avait décidé ainsi.

Toutefois, elle ne croisa pas le regard affamé de ses prédateurs. Elle avança en vain dans les couloirs de verdures sans croiser leur museau. Manque de chance ou bonne étoile bienveillante, la Moïra ne semblait vouloir lui accorder se qu'elle désirait le plus, le repos pour son être et son cœur meurtri. Elle avait choisi la manière, seule l'instant se faisait attendre et le lieu demeurait imprécis.

Elle erra ainsi, sans vraiment chercher ses bourreaux, loin de les fuir pourtant. Elle finit par tomber au centre du dédale. Là un rocher, sans forme voulue, marquait l'origine de l'œuvre. Elle avait fait ériger ce labyrinthe pour ces chasses nocturnes. Habituellement traqueur, les marauds désobéissant étaient ses proies. Elle les pourchassait sans relâche des heures durant et leur infligeait milles plaies avant de se décider à les achever. Là avait été plus d'une fois son plaisir, son passe-temps.

Aujourd'hui les rôles étaient inversés. Elle s'assit sur la pierre blanche, en posture de méditation, et attendit. De longues secondes s'écoulèrent, temps interminable qui précède la fin. Tel le condamné dans le couloir qui mène à la potence, elle comptait les grains de sable s'écoulant dans la clepsydre. Bientôt le dernier tomberait, bientôt elle serait libérée. Elle s'évaderait de ce corps qui n'avait que trop souffert. Elle se débarrasserait de cœur qui n'avait que trop battu.

Le destin se faisait attendre. Les exécutants de la dame à la faux tardaient à accomplir leur mission. Manque de flair ou coups du sort, les loups n'arrivaient pas. Elle pensa alors à les guider. Une proie attirant ses poursuivants, voilà à quoi elle était réduite. Ironie du sort, elle n'avait pris d'armes. Elle regarda ses mains, ses ongles longs et acérés tel des griffes feraient l'affaire. Elle approcha son index de son poignet gauche. Doucement elle appuya la pointe contre la veine et l'entailla. Pas trop, il ne fallait pas que cela là tue. Juste assez, l'odeur du sang attirerait les deux canidés affamés.

Le sang chaud coulait doucement sur la chaire blanche, dans la paume de sa main. Le liquide épais glissait le long de la ligne de vie étonnement longue. Un hurlement résonna entre les branches. Ils avaient senti, enfin ils étaient sur sa piste. Les pattes griffues frôlaient déjà la terre humide. La salive coulait sur les babines retroussées. Le souffle s'accélérait, haletant. Les bêtes se préparaient au combat, à la charge. Les quatre membres ne touchaient maintenant plus le sol. Dans un sprint acharné, glissant à chaque angle, ils couraient vers leur victime.

La drow ferma un instant les yeux, s'imaginant la fin. Quand elle les rouvrit, il apparut. Un magnifique loup noir, enragé par la faim qui le tiraillait. Il stoppa sa course en face d'elle. Il l'observa de se petits yeux pénétrant. Il hésitait, se préparait au combat. La fin était proche. L'animal doutait entre peur et rage, entre raison et estomac.

Soudain il s'élança, crocs dehors, griffes devant. En quatre foulées, il était à portée. Il bondit, visant la nuque. Elle leva la tête, lui facilitant ainsi la tâche. La puissante mâchoire n'était qu'à quelques centimètres. Le cris de douleur s'échappa dans l'air comme les crocs aiguisés se refermaient sur la chaire fraîche. Le corps se débattit quelques instants. Les membres frémirent encore nerveusement. Le coeur ralentit jusqu'à n'être plus qu'un battement sourd, lent, horriblement lent. Le dernier souffle disparut en fumée dans l'air glacée. La mâchoire s'ouvrit laissant au sol le cadavre.

La drow baissa la tête, fixant le nouvel arrivant. Une louve, blanche comme la neige venait de se jeter sur le premier animal. D'une seule morsure elle l'avait mis à mort. Salaha attendait patiemment son tour qui ne venait pas. La bête s'assit simplement en face d'elle. Les deux regards se plongèrent l'un dans l'autre. Comme si le temps s'arrêtait, le silence se fit tout autour. La bête ne se décidait pas, loin de là. Alors que les minutes s'écoulaient, le sang affluait au coeur de la drow, encore et toujours. La louve se coucha.




Une nuée de corbeaux les survola et vint tournoyer aux cotés de la louve dans un mélange d'ailes plissées et de croassement diffus. La drow observa, perplexe, le groupe se métamorphoser. Une fumée noire vint couvrir l'ensemble et la masse sombre perdit toute forme avant d'en recouvrer une seule. Quand les ténèbres se dissipèrent, une créature inconnue se tenait devant elle.

La nouvelle venue avait forme humaine à deux ailes près. Deux ailes majestueuses de plumes d'une profonde noirceur ornaient son dos. De longs cheveux, noirs également, s'y mêlaient en totale harmonie. Les courbures de son corps arboraient la plus parfaite des perfections, de ses gracieux orteils à ses oreilles affinées à la pointe. Une robe noire recouvrait la totalité de son corps. Ses longs doigts fins s'en échappaient se refermant sur une faux affûtée. Elle se tenait là, flottant à demi.

La drow se leva et dévisagea celle qui osait troubler impunément la dernière scène de son livre. Les traits de son visage était à l'image de son être, fins et charmant. Un charme ténébreux habitait son regard bleuté. Ses lèvres, appuyées d'un trait marine, ne souffraient nul défaut de courbure. Un saphir bleu pale décorait son front. Son expression n'avait rien de menaçante, bien au contraire. L'entité, d'apparence si sombre, dégageait une chaleur bienveillante.

Elles se fixèrent ainsi, s'observant mutuellement, l'une méfiante, l'autre d'un calme à faire pâlir une statue de cire. Salaha fut la première à rompre le silence.


"Puis-je savoir qui vient troubler mon repos ?

Vous n'avez guère l'air reposer chère amie.

Amie !?
Je crains que nous n'ayons été présentées.

Toutefois je vous connais fort bien.

Je n'ai pas ce malheur.
Cette manie que vous avez tous à prétendre me connaître pour m'avoir croisé... frôlé ou je ne sais...

Ho, je vous connais mieux que cela.

Vraiment ?

Je sais votre histoire et les tourments qui sont vôtres.
Le doux son qu'avait autre fois le nom de Naorin à vos oreilles...
Combien votre coeur s'emballait hier encore en entendant celui de Jagdpanther...
Je sais qui vous a aimée, je sais qui vous a trahie.
Je connais ceux qui sont partis, malgré eux, vous laissant ainsi."


La drow resta silencieuse un moment. De coutume si habile avec ses mots, voila qui lui faisaient défaut.

"Si vous avez suivi l'histoire, vous en connaissez la fin.
Laissez moi donc l'écrire en paix.

Je ne puis.

Pourquoi donc ?

Ce n'est pas ici qu'elle s'achève.

Qu'en savez-vous ?

Je le sais voilà tout.

Point n'est à vous d'en décider.

Bien au contraire.
Laisse moi donc mettre fin à tes souffrances.

Je ne demande que cela."


Et la drow tendit la tête, attendant la faux. Rien ne vint.

Alors ?

Point ainsi.

Comment dans ce cas ?

En lui disant adieu simplement.

Cessez de vous moquer.
J'ai choisi ma mort, laissez moi cette dignité.

Je ne puis...

En ce cas.


Elle voulut partir, une force la retint. Sur le rocher elle se retrouva, assise. La rage la reprenait, toutefois elle n'y pouvait rien changer. Elle n'était plus maître de son propre corps.

"Qui êtes-vous ?
Répondez au moins à cela.

Tu apprendras à me connaître.
Nous avons le temps.

Je ne souhaite plus l'avoir justement.

Tu es éternelle malheureusement.

Je changerai cela.

Je veillerai à l'opposé.

Pourquoi !? Que voulez-vous à la fin ?

Toi.

Moi ?

Tu seras mon bras, tu seras ma vengeance.

Vous venger de qui ?

De tous ceux qui le mérite.

Mais encore ?

Je suis ange de miséricorde, je punis ceux qui ont sur ces terres répandu sang et souffrances.

Alors tuez moi.

Ce serait trop facile, tu ne penses pas ?

Quelle est la sentence votre altesse ?

Tu peux te moquer, ton venin ne m'atteint point.

Alors venons en au fait.

Qu'il en soit ainsi.
Tu trancheras la tête de tous les coupables que tu croiseras.
Mais nul innocent tu ne toucheras.

Et comment faire la différence ?

Épargnes marauds et paysans, leur stupidité ne méritent guère plus mon courroux que mon attention.
Tues tous les seigneurs qui croiseront ta route.

Nul seigneur n'est innocent...
Au moins nous nous entendons sur ce point.

Il semblerait.

Libérez moi de ma souffrance et je vous servirais.

Je t'ai déjà donné la réponse."


Et la déesse disparut comme elle était venue, emportant la louve avec elle. La drow resta là, seule sur sa pierre, perdue dans ses pensées, tentant de réaliser ce à quoi elle venait de prendre part.


Dernière édition par Salaha le 14/6/2009, 23:52, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Chapitre 2 : Abandon et nouvelles croyances... 6/6/2009, 15:54

Deux coups sonnaient au lointain clocher. L'elfe décharné, une arbalète à la main franchit l'arche d'épines qui menait au centre du dédale. Apercevant le cadavre du loup noir, il laissa échapper un soupire de soulagement, puis sursauta devant l'ombre qui se tenait assise plus loin. Il se reprit, sa maîtresse était en vie.

Il avait mis le temps, toutefois s'était décidé à voler à son secours. Courage stupide que celui qui habite les faibles dévots quand leur culte s'apprête à disparaître. La drow aurait pu en rire, en d'autres lieux, autres circonstances. En cet instant, elle lui ressemblait, fragile bête soumise à son maître. Délaissée, elle voyait la mort comme seule issue. Ne valait-elle mieux que cela ? Elle devait couper la corde à son cou, inconsciemment elle avait commencé. Elle répéta dans un murmure les paroles de l'ange sombre.


"Lui dire adieu..."

Sans plus d'explications pour son sauveur tardif, elle se leva et prit la direction du château. Il la suivit, fidèle chien qu'il était.

"Se libérer d'une corde pour y gagner des chaînes...
Stupide... inutile...
Devrais-je me détourner de cette... créature...
Qu'ai-je à trouver là ?
Du sang à faire couler, quelques têtes à couper ?
Qu'est-ce que justice dans le fond...
Quelle importance a tout cela ?"


Entrant par la grande porte sous le regard médusé des serviteurs, elle se dirigea vers son bestiaire. A peine entrée, elle se saisit de sa salamandre fétiche, celle qui avait tant de fois porter ses missives vers l'élu de son cœur. Elle lui trancha la tête et en dépeça le crane. Elle prit soin de le nettoyer avant d'y glisser une petite bougie. Elle rangea le tout dans sa besace et sortit vers l'écurie.

Rapidement un cheval fut sellé et vers l'océan au galop lancé. Elle savait ce qu'elle avait à faire. Une missive arrivée plus tôt avait éclairci quelques points. Elle avait été à un croc de ne jamais la lire. Le sort lui avait laissé ce privilège.

Elle stoppa sa monture, descendit. Elle ôta ses bottes et, pieds nus, s'avança sur le sable fin. Quand l'eau frôla ses genoux elle s'immobilisa, le regard perdu au loin, vers le bout du monde. En une dernière prière, elle murmura :


"Mon cœur ne vous suffisait pas,
Votre gloire n'était assez grande,
Il vous a fallu encore allonger le pas,
Pour aller défier les maîtres de ce monde.

Que votre combat dans les cieux ne soit pas vain,
Que vous trouviez prés des dieux votre chemin,
En un dernier adieu, j'offre cette bougie au flots,
Puisse cette lueur vous guider et protéger de tous maux."


Elle laissa le petit crane au grès des vagues, comme un cierge à la mémoire d'un être cher. Son cœur sur l'instant trouva le repos et son âme la paix de l'adieu prononcé. Maintenant elle pouvait regarder vers l'avant. Nul regret, nul rancœur n'habitait plus son cœur.

Elle resta là jusqu'aux aurores, regardant la lueur disparaître à l'horizon, puis se plongeant dans une tout autre réflexion. Et maintenant ?

...

L'histoire restait à écrire.




Au soleil levant, elle rejoignit sa monture et au pas s'avança dans les plaines. L'air frais lui frôlait le visage dans une sensation de bien être et de liberté. Elle poussa le canasson au trot et parcourut ainsi les quelques kilomètre qui la séparaient de son domaine. L'esprit apaisé, elle pénétra dans la grande cour où quelques marauds finissait de nettoyer. Quelques tâches de sang résistantes constituaient le seul souvenir du massacre de la veille.

Au pieds de l'escalier, une louve blanche attendait.


"Mauvais présage que celui-là...", pensa la drow.

Elle entra, suivie de près par l'animal. Dans la bibliothèque, la déesse se tenait assise dans son fauteuil. Le visage impassible, Salaha s'approcha. Elle était bien décidée à tenir tête cette fois. Elle n'allait pas s'en laisser conter par un ange, fusse-t-il noir ou vert. Cette fois, la déesse parla la première.


"Alors cet adieu ?

Vous êtes encore là ?

Il me semblait que nous avions un accord...

Vous me demandez de faire couler le sang ?
Là est ma nature.
Épargner des innocents ?
Voilà deux mots dont j'ignore la signification.

Tu apprendras.

C'est se mettre entre ma hache et sa proie.

Ai-je dit que tu avais le choix ?

Allons bon...
Une divinité ne survit que pas ses fidèles... pas de culte, pas d'entité.

Mais encore ?

Si vous êtes venue me trouver, vous devez cruellement manquer de disciples.

Ne me fais pas cet affront.

Et vous pensiez vraiment m'enrôler ?

Me confondre avec ce pseudo-démon du chaos...

Qui voudrait d'un ange de miséricorde ?

Tu vas trop loin.

Vraiment ?
Faites donc démonstration de vos dons, votre altesse, que je tremble de tout mon être."


L'archange démoniaque commençait à perdre patience. Dans un claquement de doigt, elle fit apparaître une sphère de verre. La drow y plongea son regard. Elle vit alors, sous ses yeux consternés, se jouer une scène de son passé. Toutefois, l'acte terminé, elle reprit sur un ton toujours aussi arrogant.

"Vous connaissez l'histoire pour sûr.
Ni vos yeux, ni votre mémoire ne vous font défaut.

Tu te moques autant que tu t'égares."


La déesse dévoila alors d'autres faits, de champs de batailles en exécutoire, sans oublier les pandémies.

"Fort bien voilà d'autres qui ont votre intérêt.

J'en possède ainsi des milliers.

Vous ne devez plus être toute jeune...

L'insolence est une arme, ses limites sont minces.

Épier serait donc votre passe-temps favori...
Êtes-vous la déesse de la curiosité ou l'ange des trous de serrures ?

Il s'agit là de leurs souvenirs, point des miens.

Des milliers de souvenirs qui ne sont vôtres...
Et votre crane n'explose pas ?
Impressionnant pour sûr.

Des milliers d'âmes, une pour chaque vie...

Pardon ?"


Voilà bien parole qui suscitait l'intérêt de la drow. Qu'elle était donc cette créature qui se tenait dans son fauteuil ? Une mangeuse d'âmes ?

"Te voilà soudainement d'humeur changeante.

Et je reprends le titre de reine des curieuses je suppose.

Rien ne t'atteint donc ?

J'ai dépassé ce stade...
Toutefois, ma curiosité est bien réelle.

Je vois.

Je n'ai guère cette chance.

Tu veux donc savoir ?

Tenez le pour acquis.

Soit je consens à t'accorder cette faveur.

Amen.

Je collecte l'âme des morts.
Depuis la nuit des temps cette tâche est mienne.
Seulement voilà, les seigneurs se sont détournés du cycle de vie.
Ils ne meurent plus.

En effet, par contre j'en connais qui arpente les cimetières à longueur de journée...

Suffit !
Je suis gardienne des âmes que je récolte,
Gardienne de leur savoir, gardienne du passé.
C'est la Nature elle-même que vous bouleversez impunément.

Certes...
Je n'ai point le pouvoir de changer cela.
Croyez-moi, si je le pouvais, je vous en donnerais plus d'un en pâture.

Je n'en doute point.
Là est la raison de ma venue.

Vraiment ?

S'ils ne disparaissent point, une infime partie de leur être me revient encore.
Répands le sang des seigneurs sur ces royaumes.
Nourris moi et je te rendrais ce que tu as perdu il y a bien longtemps déjà.

Gardez donc mon âme, je vis très bien sans."


La drow offrit à la déesse son sourire le plus narquois et autain.

"Tu oses ?

Oui et inutile de passer par le couplet de reconnaissance, remerciement...
Évitez aussi la compassion, et les missions divines.
Nul appât du gain, nulle flatterie.

Chacun a ses faiblesses.
Je pourrais te réduire en cendres.

Certes, toutefois vous ne le ferez pas.
Vous voulez du sang, si cela peut vous faire plaisir.
Mais la messe n'est pas de mes coutumes et c'est mon fauteuil qui accueille en cet instant votre divin postérieur."


La déesse se releva et disparut, folle de rage.


Dernière édition par Salaha le 14/6/2009, 23:57, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Chapitre 2 : Abandon et nouvelles croyances... 6/6/2009, 15:55

L'elfe décharné s'approcha du fauteuil. Comme d'accoutumer, sa maîtresse s'y trouvait confortablement installée, un livre en main. Un doute le prit soudain. Aussi, plein d'angoisse, lut il le titre une bonne dizaine de fois avant d'être totalement rassuré. "Dieux et créatures mythiques" y était inscrit en lettre d'or. La drow le parcourait avec la plus grande attention.

"Son Impétueuse Grandeur souhaite-t-elle un rafraîchissement ?

Non.

Du sang de Sidh peut-être ?

Non.

Alors quelques victuailles ?
Un oeil de cyclope ? Le coeur d'une sirènange ?

Non, Zippo.
Toutefois, sa glaciale cruauté souhaite lire en paix.

Vos désirs sont des ordres.

Encore heureux !"


L'intendant s'installa à son bureau et se mit au travail. Bien qu'en meilleur forme, sa maîtresse ne semblait guère de meilleure humeur. Au moins retrouvait-elle son sale caractère, il la préférait de loin ainsi. Une drow dépressive, cela n'avait nul sens.

Le soleil inclinait ses derniers rayons quand elle acheva sa lecture. Refermant l'oeuvre avec délicatesse, elle l'envoya défier les lois de la pesanteur. Dans un grand *BOUM*, l'ouvrage s'écrasa sur le parquet un peu plus loin.


"Ange de miséricorde...
Gardienne du passé...
Mangeuse d'âme...
Rien, rien et encore rien.

Puis-je être d'une quelconque utilité à votre Splendeur ?

Qui peut-elle bien être ?
Nul n'aurait entendu parler de telle créature ?
Elle ne passe pourtant pas inaperçu...


L'intendant lui tendit un autre livre. Elle en déchiffra le titre et regarda celui qui le lui donnait.

"Démons des temps anciens...

Un merveilleux ouvrage.

D'où le tiens-tu ?

De votre bibliothèque...

Cela je le sais bien.
Comment en as-tu eu connaissance ?
Ou plutôt pourquoi ?

Je cherchais sa Machiavélique Présence...

Je ne suis pas un démon...

Je ne vous ai point trouvé.

Pour sûr.
Je n'ai jamais franchi l'entrée des Enfers."


Elle se saisit de l'ouvrage et reprit ses recherches. Elle parcourut le livre de long en large des heures durant. Les aiguilles de la pendule bloquaient sur 6 quand un passage particulier retint son attention.

"Bélialis...
Archange de miséricorde... ou archidémon de disgrâce...
Gardienne du passé... ou appartenant au passé...
Dévoreuse d'âmes...
Pour sûr, c'est bien notre démone!
Et elle n'a pas manqué de se moquer de moi."


Elle rendit le livre à l'elfe qui s'empressa de le ranger. Le regard perdu sur la fumée lointaine, preuve de l'agrandissement de son domaine, elle songea à cette nouvelle alliance.



A minuit sonnante, la drow pénétra dans le sombre cimetière. Comme elle s'y attendait quelques inconscients y sommeillaient. Elle choisit celui qui semblait le plus robuste et d'un mouvement habile lui trancha la gorge. Du sang de sa victime, elle dessina un pentacle inversé. Sans surprise la démone apparut dans un tournoiement de corbeaux.

Les deux créatures se jaugèrent, puis, d'un ton calme et posé, Salaha brisa le silence.


"Voilà ma première offrande,
Oh Bélialis, Révoltée des cieux.

Tu as donc fini par comprendre.

Votre identité ?
Ce n'était point si difficile en définitive.

Me serviras-tu ?

Je vous offrirai autant de sacrifices que de seigneurs croiseront ma route.
Leur âme sera votre, leur sang sera mien.
Ensemble nous feront régner terreur en ces lieux sordides.

Mais tu ne me serviras point ?

Je ne poserais genoux devant vous.

Répandras-tu mon culte en tes terres ?

Mes serviteurs seront les vôtres,
Ils vénéreront chaque jours votre image,
Toutefois guère plus qu'il n'idolâtrent la mienne.

Tu te crois mon égal ?

Si cela ne vous convient,
Ma gorge est à votre disposition.

Reine de la révolte, je saurai me contenter d'une anarchie."


Dans leur sang le pacte fut scellé. Le lendemain un nouveau temple s'élevait à la gloire de Bélialis, Archidémone de Disgrâce.



Fin du deuxième chapitre.




Notes de l'auteur : concernant Bélialis

* Petit aparté pour satisfaire la curiosité de tous. Voilà ce que notre drow a pu lire dans sa précieuse encyclopédie :

"Belialis est une démone des dimensions infernales de l'Orient.

Elle tire son nom de l'hébreu signifiant sans utilité, vaurien.

Cette reine des temps obscurs, à l'aspect extérieur séduisant et au maintien gracieux, passe pour "l'Esprit le plus dissolu, le plus crapuleux, le plus vicieux". Elle poussa la plupart des anges à la révolte et pour cela fut renversée du ciel et précipitée dans les abîmes infinis.

Elle est la déesse de la révolte et de l'anarchie, la princesse de la Tromperie, la chef des Mauvais Esprits. Elle est également la patronne des béliares (loups à la fourrure d'une blancheur incomparable qui attirent les mortels et consument leurs âmes).

Elle procurerait dignités et faveurs, ferait vivre les amis en bonne intelligence, donnerait d'habiles serviteurs et secourrait ceux qui se soumettent à elle."

** Bien évidemment, il s'agit là d'une démone inventée, toutes ressemblances avec une quelconque mythologie serait fortuite...
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