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Chapitre 1 : Des ténèbres à la lumière... Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
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MessageSujet: Chapitre 1 : Des ténèbres à la lumière... 6/6/2009, 15:40

Chapitre 1 : Des ténèbres à la lumière



Une grotte... un lac... un corps... flottant sur les ténèbres...

...

L'elfe ouvrit les yeux.
Depuis quand dérivait-elle ainsi ?
Mi-vivante... mi-morte...

Le vide s'était fait en son cœur, et même sa mémoire se troublait maintenant. Elle avait souffert et sa chair s'en rappelait.
Mais avant...

...

Avant... elle avait été heureuse.
Elle savait cela.
Mais qu'était-il arrivé ?

...

Elle plongea la tête sous l'eau.
Dans les abysses rien ne venait troubler sa pensée.
Elle remontait le fil du temps... le fil de sa vie...

Un visage... tendre et joyeux... le visage d'un homme... un guerrier.

Son cœur se crispa, il avait compté pour elle...
Qui était-il ?

Elle le voyait entièrement maintenant, discernant le moindre de ses traits. Son corps robuste se tenait devant elle, les mains fermement posées sur la poigne de son épée. Elle le dévisageait... cette marque...

Une cicatrice sur sa tempe venait contraster la douceur de son visage.
Elle revit alors la flèche sifflant à travers bois, le guerrier se jetant devant elle, la chair blessée, le rouge...

Tout devint noir.

...

Elle se redressa.
Elle était toujours là, au milieu des eaux sombres, mais son esprit était ailleurs.

...

Naorin...
Ce nom résonnait en son esprit comme un murmure... un murmure du passé.
Comment avait-elle pu oublier... l'oublier.

Elle ne se souvenait pas vraiment de leur rencontre, juste de son regard.
Deux âmes qui se croisent, deux cœurs qui s'emballent.
Ils s'étaient entendus dès les premiers instants, puis l'amour avait frappé...

...

La mémoire lui revenait maintenant, vive, forte, accompagnée d'émotions comme des décharges en son corps trop longtemps délaissé.

Ils avaient vécu dans la forêt, loin de tous, loin des leurs... rejetés par les leurs.
Le jour où elle les avait quitté lui revint en un flash.
Les elfes ne l'avaient pas comprise, mais surtout ils ne voulaient d'un humain parmi eux.
Puis les remparts d'une ville humaine se dessinèrent en sa mémoire.
Un groupe d'hommes sur la place, hurlant, frappant.
Naorin en sang...
Il n'avait pas riposté.
Les autres l'avait humilié et chassé de leur terre à jamais.
Il n'avait pas riposté... il y avait trop de bonté en son âme pour châtier la bêtise.

Dans le calme d'un bois, ils avaient trouvé la sérénité, enfin en paix et unis.
Ils avaient construit leur foyer.
Il lui avait appris le maniement des armes, elle lui avait montré ses sorts.
Le soir au coin du feu, ils se comptaient les légendes de leur peuple.
Heureux ils l'avaient été... tout deux.
Ils avaient tant partagé... et puis...

...

Plop... plop... plop...
Le bruit de l'eau gouttant sur les rochers vint briser le silence du lac souterrain.
Le bruit de l'eau, unique son qui troublait sa solitude.
Des années de silence dans les ténèbres des profondeurs...

Ils avaient vécu heureux.
Mais le temps est ce qu'il est.
Il avait rattrapé l'homme et épargné l'elfe.
Il l'avait tué et elle... elle était resté seule... errante parmi les arbres, partenaires d'éternité.

La souffrance l'habitait encore aujourd'hui, atténué par le temps, diminué par celui même qui l'avait causé...
Le temps, ennemi d'hier, allié de demain.

Un siècle, peut-être plus, isolée ici à panser ses plaies.
Il était temps.
Elle devait se relever, elle devait vivre à nouveau.

La mort lui avait pris son âme, lui avait laissé la vie.

Elle se releva, et saisissant l'épée de celui qu'elle avait tant aimé, remonta à la surface d'un pas lent mais assuré.




Elle sortit.

Sous le soleil aveuglant, un nouveau monde s’offrait à elle.
Avec peine, elle fixait l’horizon, cherchant les arbres… ses anciens complices d’éternité…

Mais elle ne voyait rien, rien d’autre que cette lueur intense. De la forêt de jadis, il ne restait rien, balayée par le temps, comme ses souvenirs…
Elle s’avança, balbutiant, encore étourdie par la clarté du jour. Elle s’était habituée aux ténèbres, ils lui manquaient presque…

Non, elle avait déjà perdu trop de temps. Tant d’années à souffrir… à se lamenter en vain. Il ne reviendrait pas. L’être aimé à jamais perdu… comme le feu sous la pluie d’été, son cœur s’était éteint. Et le son des tambours dans la poitrine de l’elfe avait cessé de battre pour ne laisser qu’un vide… un vide immense…

L’immensité des plaines s’étendait maintenant devant elle. Désert parsemé de bâtisses, habitées ou abandonnées, maisons de misères et palaces dorés, toutes sortes de territoires se succédaient sous ses yeux désolés.

Le monde avait changé. En un siècle, la nature avait cédé sa place. Les forêts était devenu déserts, les champs de fleurs des champs de batailles pour seigneurs gâteux ou capricieux. Tels des chiens devant un morceau de viande, ils se disputaient chaque lopin de terre.

A chaque pas, l’elfe allait de désolations en désolations… comment le monde en était arrivé là ?
Avait-il seulement été différent ?



Elle avança jusqu’à la mer, ses pieds nus frôlèrent le sable chaud, doux… comme un drap de soie qui enveloppait son être, la réchauffait. Le bruit des vagues au loin comme une berceuse… un instant de paix.
Puis son regard se posa sur l’eau, paisible miroir aux couleurs d’azur… ce reflet !

Etait-ce vraiment elle ?

Sa peau à l’image de tout son être avait noirci. Son visage blême, ses yeux pales semblaient vides de toutes émotions. Ses cheveux, jadis blond comme les blés, arboraient maintenant la couleur froide de la neige…. Froide…

Les ténèbres l’avaient entourée si longtemps, elles l’habitaient maintenant. Mais qu’était-elle devenue ?

Elle se laissa tomber en arrière, et s’allongea sur le sable fin. Le regard perdu dans l’immensité céleste, elle finit par s’endormir.
C’est étrange cette soudaineté avec laquelle les choses peuvent évoluer parfois. Hier, elle croupissait au fond d’une grotte, aujourd’hui, elle rêvait sous un soleil brulant.
Oui elle rêvait…



Elle revécut une dernière fois ses années de bonheur. Le fil entier de cette vie partagée, de cette vie de mortel se déroula devant elle. Elle le vit jeune, puis les rides se dessinèrent, se creusèrent sur son doux visage, jusqu’à ce soir d’automne. Alors que les feuilles tombaient autour de leurs deux corps enlacés. A l’heure où la nature même semblait partager leur tristesse, elle le serrait contre son cœur, comme pour le garder une seconde de plus. Le corps d’un vieillard, affaibli par l’âge… elle l’avait aimé jusqu’au bout.

L’image devint floue, le vieil homme disparu peu à peu et dans la lueur blafarde un jeune guerrier pris sa place. Ils étaient là, face à face. Naorin avait retrouvé le visage de ses 20 ans et après toutes ces années, elle pouvait enfin lui dire adieu. Leur main s’effleurèrent et il disparu sans qu’une larme ne soit versée. Elle retrouvait la paix intérieure…

En cet instant, ce fut la quiétude extérieure qui fut brisée. Une voix stridente se faisait entendre, le genre de sons à percer les tympans d’un sourd. Et le volume allait croissant, le bruit insupportable montait en octave chaque seconde.

N’y tenant plus, elle ouvrit les yeux et se redressa d’un bond, retrouvant son agilité de jeune elfe aussi brusquement qu’on l’avait ramené à la triste réalité.

Déjà frustrée par ce retour brutal, elle se trouva nez à nez avec un homme grassouillet transpirant la luxure et la cupidité par chaque pore de sa carcasse. Il était plus orné d’artefacts divers qu’un arbre en période de fêtes hivernales. Ses vêtements et le ton sur lequel il déversait son flot de parole sans fin trahissait son statut de seigneur sédentaire, empêtré dans le gras de ses cuisines et l’or de son coffre.

Une fois de plus la chance lui faisait défaut, à peine sortie de l’ombre, elle rencontrait un cauchemar sur patte. Elle se souvint à quel point elle haïssait ce genre d’êtres, combien ils avaient fait souffrir son aimé, combien ils l’avaient humilié.

Aujourd’hui, il est difficile de dire qui des deux fut le plus délaissé par sa bonne étoile en cet instant précis.

L’être difforme continuait de lui hurlait à la face des propos insensés. A sa façon de les prononcer, sans nul doute des insultes…
Elle aperçut alors le poignard pendant à sa ceinture, et toute cette souffrance, toute cette haine si longtemps enfermées…



Un seul geste, si simple, si rapide… le corps gisait au sol, masse sans vie appartenant déjà au passé. Dans sa main la lame ensanglantée, la fin d’une histoire enfin close.

Son ennemie de toujours était-elle devenue son alliée ?
Déjà sa compagne de route, la mort semblait maintenant désirer plus. Mais peut-on être en affaire avec la Dame à la faux ?
Sans vraiment comprendre pourquoi, l’elfe murmura :
“Nous sommes en dette.”



La vengeance ne résout rien, elle le tenait pour acquis depuis toujours. Mais ce n’était pas la vengeance qui avait guidé sa main. Elle voulait le silence, elle l’avait eu. Elle savait maintenant que plus rien ne la freinerait, comme si elle avait trouvé une totale liberté en perdant… son âme.
L’évidence la frappa soudain. Plus rien ne la touchait, rien ne pouvait l’atteindre. Elle n’avait plus peur, elle n’avait plus rien à perdre, tout à construire…

Elle regarda une dernière fois le corps qui juchait à ses pieds puis porta son regard au loin. Le château, jusque là ignoré, lui apparut comme une évidence.

Le commencement d’un avenir incertain… une nouvelle chance… une nouvelle vie.

L’elfe, la mage pure d’un temps déjà révolu avait cédé sa place. La drow, sorcelame des abysses, marchait maintenant d’un pas assuré vers le territoire devenu sien. La mort pouvait toujours l’attendre, elle n’avait plus rien à lui prendre.


Dernière édition par Salaha le 14/6/2009, 23:34, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Chapitre 1 : Des ténèbres à la lumière... 6/6/2009, 15:40

Elle traversa d’un pas assuré le domaine et franchit la porte du palais sous le regard ahuri des paysans. Alors que tous restaient sans voix, un bedonnant valet de chambre s’avança.

- Hum… qui es-tu ? Que fais-tu là ? … comment oses-tu seulement pénétrer ici ainsi vêtu !? Les manants n’ont pas leur place en ce palais.

La drow leva les yeux au ciel.

- Ai-je vraiment l’air d’une souillon ? Vous fier ainsi aux apparences ne vous mènera nulle part…
- Cela suffit ! Dehors !!


Il tenta de la saisir par le bras et, sans comprendre ce qui lui arrivait, se retrouva sur le sol les quatre fers en l’air. Il n’osa alors se relever et resta bouche bée devant la sombre créature qui le fixait d’un regard sanguinaire. Il tenta alors de bredouiller quelques paroles en vain.

- J … je … à … mmm … moi ….
- Cesses donc ce couinement, tu m’exaspères.
- Je… sa… Hum ! Sa seigneurie est en ballade, et je ne tolèrerais que vous l’importuniez de la sorte à son retour. Gardes !
- Voilà qui est mieux, tu retrouves ton latin.


Une dizaine de gardes arrivèrent alors épées à la main et se jetèrent sur la drow. Sans grandes difficultés, elle appris aux malotrus les lois de la nature, prenant au passage un malin plaisir à ne pas les achever trop vite. Pour le dernier, elle prit même le temps de le découper morceaux par morceaux, se réjouissant chaque seconde un peu plus de ses hurlements intestinaux. Les réjouissances terminées, elle se tourna à nouveau vers le valet, un sourire sadique ne quittant plus ses lèvres. S’approchant doucement, elle lui tapota le ventre.

- Hum, non trop gras. Vois-tu je préfère de loin la viande ferme. Hum, non décidément, le porc n’entre pas dans mes préférences.

Elle le contourna, continuant de l’observer comme un prédateur scrutant sa proie. Le pauvre bonhomme ne savait plus que pensait de cette étrange elfe semblant sortie des profondeurs de l’Enfer. Pouvait-elle réellement être sérieuse ?

- J’ai commencé une collection de trophées en venant. Tu enverras d’ailleurs quelques serviteurs récupérer la tête de la baleine échouée sur le sable au Sud d’ici. Qu’on l’empaille, elle fera du plus bel effet dans la salle de réception. La décoration manque cruellement de goût.

Il tenta une nouvelle fois de protester.

- Monseigneur ne devrait plus tarder…
- Je disais donc que la tête de ton défunt seigneur ornera bientôt ma salle de réception. La votre doit-elle l’accompagner ?
- Madame ne tolèrera jamais…
- Dans ce cas la veuve rejoindra son époux, je ne voudrais pas séparer un si joli couple.


Et les deux têtes furent pendues dans la grande salle. S’y ajoutèrent bientôt celle du contremaître, du trésorier, du garde des sceaux, du juge de la contrée voisine, et bien d’autres qui osèrent contredire la nouvelle maîtresse des lieux. Le chef des gardes et autre soldat récalcitrant furent quand à eux couverts de ciment et exposés dans la salle d’armes.

De massacre en massacre, la population du domaine fut bien vite réduite de moitié. Les rébellions, bien que vite réduites à néant, se répétaient pourtant. Ces stupides gueux se révoltaient toujours, et dans un bain de sang finissaient les uns sur le autres entassés. Cela ne l’amuser même plus, la routine commençait furieusement à l’agacer. Voisinage pédant, révoltes insignifiantes, l’ennuis la gagnait un peu plus chaque jour. Aussi, un soir elle reprit la route.

Elle parcourut ainsi une bonne part de l’île allant de domaine en domaine, massacrant quelques seigneurs ou gueux, pour son seul plaisir. Tout cela en vain. Toutes ces vies n’étaient que futilités, de tout ces charognards qui se disputaient le bout de gras ne prêtant nulle attention à l’immensité qui les entourait. Elle n’avait que faire de ces banalités, enfantillages juste bon pour les chiens. Il était grand temps pour elle de rejoindre la cour des loups. Il lui fallait un terrain de chasse à la hauteur de sa faim, des alliés dignes de sa loyauté, des ennemis capables d’étancher sa soif, un royaume à l’image de sa cruauté. Et qui aurait pu prédire qu’elle trouverait cela en pareil lieu ?

Ces pas la portant encore sur quelques lieues, elle pénétra bientôt dans la capitale de l’île et se trouva aux portes d’un bien étrange bâtiment. Qui du destin ou du hasard la poussa à entrer ? Nul ne saurait le dire, mais elle entra. Là se déroulait un spectacle plutôt comique, à tel point qu’elle crut d’abord à l’un de ces divertissements grotesque. Grotesques, certains protagonistes l’étaient mais l’enjeu lui n’avait rien de stupide. Il s’agissait là d’affaires de la plus hautes importances. L’avenir de l’île entière était ici scellé. Sans le savoir, elle venait de découvrir un lieu dont elle deviendrait bientôt cliente fidèle. Elle se trouvait dans l’oratoire politique, et en ce lieu de prestige trop souvent tourné au ridicule, elle fit une rencontre qui allait bouleverser à jamais sa nouvelle existence.




Qui aurait cru qu’un orc pourrait changer la vie d’une elfe noire ? Certes les deux espèces partagent un certain goût du sang et de toutes formes de torture, mais peut-on seulement comparer un de ces putrides monstres verdâtres aux nobles drow ?

Et pourtant, cet orc là ne manquait en rien de civilité, pas plus que de culture d’ailleurs. Marchant reconnu et en affaire avec bon nombre citoyens, il avait plus d’une fois prouver son habileté dans l’art du commerce. D’ailleurs, ce ne fut pas le seul orc civilisé qu’elle eut l’occasion de croiser. Loin de là, il serait même plus honnête de reconnaitre qu’elle rencontra nombre orc d’une noblesse respectable, au moins autant que d’elfes stupides et pas plus dignes qu’un homme. Enfin, la nature a ses raisons que la Raison ignore et tout cela n’a guère d’importance ici. Revenons plutôt à cet oratoire et surtout à cette soirée d’hiver.

A peine entrée, la drow du retenir un fou rire devant le grotesque de certains protagonistes. Jugeant qu’il valait mieux commencer par observer, elle s’appuya contre une colonne, prenant bien garde à demeurer dans l’ombre. De là, elle observa la scène. Les postures, la gestuelle, mais par-dessus tout les propos de certains la firent d’abord penser à une querelle de paysans, ou encore un combat de poule. Cela jacassait en tout coin, s’envoyer pires insultes à la face et elle se retint de partir devant la bassesse de ce qui devait être un débat.

Manquant de s’étouffer de rire devant une nouvelle réplique, la plaisanterie tourna soudain au drame et son visage pâlit. Elle venait de comprendre, tout cela lui apparaissait à présent comme une évidence. Il ne s’agissait point d’une simple querelle. Devant la gravité de la situation, et se sentant plus concernée que jamais, elle ne put s’empêcher d’intervenir. Le ton cinglant, le visage ferme, ne pesant point ses mots, elle se lança dans sa première joute verbale tel un gladiateur dans l’arène.

Les échanges courtois se poursuivirent ainsi jusque tard dans la nuit et alors qu’elle s’apprêtait à quitter le champ de bataille, elle tomba nez à nez avec le seigneur orc Antoine10. Il la salua fort poliment et entama une conversation qui s’avéra bien vite fort intéressante et surtout profitable. La discussion apporta bien vite à la drow ce qu’elle avait cherché sans le moindre succès durant de long mois, à savoir un domaine, des projets et bien plus tard des alliés, dont on pourrait même dire une famille. En un instant, il la ramena à une réalité qui n’avait plus rien de futile. L’Ordre auquel il appartenait était bien au-dessus de toute la médiocrité qu’elle avait vu jusqu’à lors. Il existait depuis bien longtemps, il trouvait ses origines dans l’origine même de ce monde. Ces membres figuraient dans le passé, forgeaient le présent et brillaient déjà dans l’avenir.

Il lui conta ainsi quelques légendes, la convia à aller saluer ces frères en leur place-forte, et enfin lui souffla mots au sujet d’un domaine susceptible de convenir à ses exigences. En un seul soir, le destin, en la personne de cet orc, venait de mettre fin à des mois d’errances.

Suivant les conseils avisés de ce sage seigneur, elle prit donc la direction du cimetière Sud-Est de Dakim. L’Orc lui avait laissé entendre qu’un château en ruine, sinistre lieu de souffrance passée, trônait en haut d’une colline, non loin de son propre domaine. Il lui avait décrit un endroit abominable, hanté, délabré, encore empli des cris des victimes jadis torturées en son donjon. Pleine de curiosité, elle fut alors convaincu qu’elle devait s’y rendre.

C’est ainsi qu’elle se trouva bientôt au pied de l’édifice, et l’orc ne s’était point trompé, ce domaine était parfaitement au goût de la drow. Devant la sinistre demeure, courbé dans la poussière, une étrange créature leva les yeux vers elle. De petits yeux globuleux injecté de sang, des oreilles pointues, une peau vert pale juste posée sur un frêle squelette, un corps dénudé, ne portant pour seuls vêtements qu’un chiffon entourant sa taille, voilà ce qui restait de ce qui avait du être un petit elfe des bois. Elle se pencha vers lui, se demandant si le cœur de cette chose battait encore. Il recula alors d’un bond, se couvrant le visage de ses deux bras menus, une expression de terreur figée sur la figure.


- N’aies crainte drôle de petit être, ma hache n’a pas soif de sang pour le moment. Dis moi juste à qui appartient ce domaine.
- Le… le château… plus personne… qui voudrait vivre ici…
- Toi visiblement… si personne n’y vit que fais-tu là ?
- Je… je… plus rien… mon maitre… mort… tué par… serviteurs… m’ont laissés là…
- La communication n’est réellement pas ton fort. Bien, saches que ce domaine est maintenant mien. Alors soumets toi ou parts.
- Je…
- Décides toi ! je te laisses la vie sauve pour l’instant, mais je pourrais très vite changer d’avis… alors ?
- Zippo servira son nouveau maitre.
- Et bien au moins maintenant je connais ton nom !


La créature devint ainsi son intendant. Elle soumit par la force les populations voisines et le château fut bien vite réparé. Une immense enceinte fut construite, à son sommet des pics furent plantés. Les murs furent couverts de noirs, des barreaux installés aux quelques fenêtres. A l’intérieur, d’épais rideaux rouges masquées la lueur du jour et seules quelques chandelles éclairaient l’endroit. Le mobilier en bois massif et les armes ornant les murs finissaient de donner au lieu une ambiance ténébreuse. Pour ses loisirs, la drow fit remettre à neuf la salle de torture qu’elle aménagea à son goût.

Un matin, regardant par une fenêtre du donjon, elle aperçut la demeure de son cher voisin. Elle se souvint alors qu’il l’avait convié à rencontrer ses amis et peut-être les rejoindre. Elle sauta alors sur son cheval et partit au galop en direction de la place forte des Wersats. Et en ces lieux bien gardés, son destin fut scellé.

Sortie des ténèbres, la drow marchait maintenant vers la lumière.




Fin du premier chapitre
Salaha
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